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Le monde méditerranéen, quoique oublié à certains égards dans le processus de mondialisation, reste l’épicentre de la réussite de demain. Certes, il y a les incertitudes propres au déroulement de l’histoire. Mais le futur relève aussi de ce que nous réalisons ici et maintenant pour tenter d’en faire un projet.
Le pari est immense : comment atteindre l’objectif mondial dans lequel nous inscrivons notre démarche, à savoir la construction du monde-village, quand les villageois n’éprouvent que méfiance entre eux. La Méditerranée, avec ses identités et son histoire, berceau des civilisations occidentale et orientale, renferme un passé commun. Elle ouvre aussi sur un futur certain pour ceux qui recherchent en elle la réponse à bien des maux de leur présent. Nous pensons qu’il est important de jeter les bases d’une véritable unification des pays de la Méditerranée. La création d’un tel ensemble permettrait de faire face aux menaces multiformes qui les pénalisent et les fragilisent.
La division Nord-Sud a trop longtemps pesé sur le devenir du monde. Le temps est venu de coopérer, de dialoguer, de forger un avenir en commun. Et ce n’est qu’en recherchant et en proposant des réponses adéquates aux inégalités et aux conflits nés de cette dichotomie Nord-Sud que les pays de la Méditerranée pourront se rassembler, évoluer et se développer ensemble. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, qui aurait cru que le moteur de l’Union Européenne serait le couple franco-allemand ? Aujourd’hui, pour prévenir le risque de nouvelles crises et trouver des solutions à celles qui sévissent, mais aussi d’un point de vue géostratégique avec l’influence grandissante de puissances économiques nord-américaines et asiatiques, n’est-il pas temps de réveiller la Méditerranée en vue de l’avènement d’un monde pluriel et multipolaire équilibré.
Il nous faut éviter les pièges qui nous guettent, et qui sont souvent, sinon générés, du moins alimentés par ce défaut d’unité. Ils sont multiples : conflits nationalistes et religieux, flux migratoires des populations pauvres, surexploitation des ressources naturelles, réchauffement climatique... Et l’Europe peut-elle se permettre de perdre de son influence en Méditerranée au profit d’autres puissances ? La Méditerranée ne gagnerait-elle pas en se développant, d’abord dans son espace régional, en réaffirmant autonomie et puissance, plutôt que de se résigner à se voir parcellisée en zones d’influence de puissances mondiales externes ?
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30 Mars
2010 - Réunion du conseil d'administration et du conseil général prévue à Paris.
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